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« Le Scum demande des mesures pour les étudiants à distance »

Le mardi 19 mai se tenait le Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU) de l’Université Paul Valéry Montpellier 3. Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM), par la voix de ses élus et relayé lors du conseil par l’élue étudiante de la liste « LAPINOU » (soutenue par la Corpo Lettres Epsylone), a proposé que la situation des étudiants en EAD (enseignement à distance) soit prise en compte, en période de confinement et de pandémie.

Ces propositions, relayées par le journal Midi Libre de ce 19 mai (lire ICI), visaient à prendre en compte l’impact de la crise sanitaire sur les conditions d’apprentissage de ces étudiants. En effet, certains (souvent parents isolés) ont du se retrouver à s’occuper d’enfants en bas âge à la suite de la fermeture des écoles, d’autres, salariés ou auto-entrepreneurs, ont continué à travailler pendant le confinement, dans des conditions dégradées et avec une surcharge importante de travail.​​

Unanimité en faveur des étudiants à distance, mais pas pour toutes les mesures demandées.

Nous nous félicitons que l’université, à la suite de nos propositions, ait reconnu les difficultés rencontrées par les étudiants inscrits en EAD. Il a été voté à l’unanimité du conseil la disposition suivante : « Le CEVU encourage les collègues enseignants en EAD à porter une attention toute particulière vis-à-vis des étudiants ayant pu connaitre des difficultés dans les révisions des enseignements durant la crise sanitaire lors de la conception des sujets de seconde évaluation et/ou lors des jurys de second semestre. »

Toutefois, malgré le soutien d’une élue du personnel administratif s’ajoutant aux trois voix du SCUM et de la Corpo Lettres Epsylone, les élus enseignants et la présidence ont refusé que les notes inférieures à 10 obtenues pendant la période de confinement soient neutralisées. Concernant les langues vivantes, nous demandions aussi une mesure d’égalité entre les étudiants inscrits en présentiel et ceux inscrits à distance, avec la neutralisation des langues vivantes et la non prise en compte des devoirs non rendus pendant le confinement. L’encouragement à concevoir des examens de seconde évaluation portant uniquement sur les cours et exercices dispensés avant le confinement a aussi été rejeté par la présidence, malgré le soutien apporté par deux enseignantes à notre proposition.

Nous resterons attentifs à la situation de l’Enseignement A Distance. et nous rappelons la mise en place d’un formulaire de contact spécifique en cas de questions ou de problème rencontré : https://combatuniversitaire.wordpress.com/contact/

Afin de ne pas rester isolés, les étudiants en EAD peuvent rejoindre le nouveau groupe Facebook de l’enseignement à distance : https://www.facebook.com/groups/EAD.UPV/

Examens à l’Université de Montpellier (UM) : panique à tous les étages et cynisme assumé.

Lors de la séance du jeudi 14 mai de la CFVU (Commission Formation et Vie Universitaire), de l’Université de Montpellier (UM) l’élue étudiante du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) a soumis au vote une proposition de cadrage des notes afin que le contexte particulier lié au confinement soit pris en compte de façon exceptionnelle. Il s’agissait d’autoriser et d’encourager les composantes et les enseignante.s à ne prendre en​ compte dans le calcul de la moyenne du second semestre que les évaluations en contrôle​ continu s’étant déroulées avant le 13 mars, ainsi que les notes strictement supérieures à​ 10/20 à l’issue des examens en distanciel.​

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« Exonération des étudiants extra-communautaires : le SCUM salue la décision de l’Université Paul Valéry »

Retrouvez aujourd’hui l’intervention du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) dans le média Métropolitain​, concernant la décision du Conseil d’Administration du 05 mai de l’Université Paul Valéry Montpellier 3 de reconduire l’exonération des frais d’inscription différenciés pour les nouveaux étudiants étrangers extra-communautaires. En effet, depuis l’année dernière le plan gouvernemental « Bienvenue en France » impose à ces étudiants des frais d’inscription s’élevant a 2770€ l’année de Licence et 3770 € l’année de Master. A la suite d’une forte mobilisation aux côtés d’autres associations, les deux universités montpelliéraines avaient décidé d’exonérer ces frais d’inscription.


Montpellier / Étudiants extra-communautaires : le SCUM salue la décision de l’Université Paul Valéry

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Quelles modalités d’examens à l’Université de Montpellier en contexte de confinement généralisé ?

Le lundi 27 avril 2020 se tiendra le Conseil Académique (CAC) de l’Université de Montpellier (UM), ou seront discutées les modalités d’examens du second semestre, dans un contexte de fermeture de l’établissement et de confinement généralisé.

Ce contexte singulier pousse notre organisation, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM), à prendre ses dispositions afin de défendre aux mieux les étudiant·e·s lors de ce futur conseil. Si depuis le Conseil d’Administration du 09 avril, le président Philippe Augé dispose du pouvoir de validation des cadrages proposés par les composantes, nous espérons toutefois obtenir des avancées.  Déjà, lors du Conseil Académique restreint (sans étudiant·e·s) du 20 avril, nos propositions ont été discutées grâce au soutien d’un élu enseignant, qui a obtenu qu’elles soient aussi discutées lors de CAC du 27 avril, ou seront présents les élu·e·s étudiant·e·s du SCUM. Lire la suite Quelles modalités d’examens à l’Université de Montpellier en contexte de confinement généralisé ?

L’Université Paul Valéry vote ses modalités d’examens : les « bonnes intentions » au détriment des étudiants

Mercredi 15 avril se tenait le Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire (CEVU) de l’université Paul Valéry Montpellier 3, chargé de définir les modalités d’examens du second semestre, dans un contexte de fermeture de l’établissement et confinement généralisé.

Pendant plus de 6h d’affilée, les élus étudiants du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM), soutenus par la voix de la CGT des universités, ainsi que l’ensemble des élus étudiants ont défendu, par de multiples propositions, qu’un cadre unique soit appliqué à toutes les évaluations.

Le Règlement des Etudes que nous avions dévoilé et analysé le 10 avril a été adopté. La validation et neutralisation du semestre furent refusés en bloc par les enseignants et la présidence. Même la proposition du vice-président étudiant, de maintenir les examens en ligne avec, en cas de note inférieure à 10, un report de la note du premier semestre fut rejetée.
A chaque fois, les 19 enseignants et personnels se sont coalisés pour refuser l’ensemble des propositions émises par les 16 voix étudiantes et du personnel CGT.
Trois voix de différence, c’est peu, mais cela change tout pour les près de 22000 étudiants de l’université.

L’échec du recensement des difficultés numériques : l’université sans nouvelles de 64,3 % des étudiants.

Pourtant, rien ne permet actuellement de garantir que l’ensemble des étudiants de l’université Paul Valéry Montpellier 3 pourra effectivement passer ses examens. L’université a envoyé des SMS et e-mails aux 21664 étudiants de l’université afin de recenser celles et ceux étant en situation de « rupture numérique ». Si cette initiative a été abondamment médiatisée par la présidence de l’université, les résultats réels de ce sondage n’ont été communiqués qu’après le dépôt d’une motion spécifique par les élus étudiants du SCUM. Ce peu d’empressement à communiquer les résultats s’explique par l’échec cuisant de cette campagne de recensement des difficultés numériques : sur les 21664 étudiants contactés, seuls 7725 ont répondu, soit uniquement 35,7%. Ainsi, l’université n’a aucune nouvelle de 64,3% de ses étudiants, et personne ne sait combien parmi ceux-ci ne pourront pas être en mesure de passer leurs examens.

Plébiscités par les étudiants, les Devoirs Maison « encouragés » mais pas généralisés.

Dans un sondage publié par un étudiant du SCUM sur le groupe Facebook des étudiants de l’université deux jours avant la séance du CEVU, plus de 800 étudiants ont répondu. Moins de 1% des étudiants se sont prononcés pour le report des examens, et seulement 11% en faveur des devoirs en ligne, pourtant privilégiés par la présidence de l’université. A contrario, 36% des étudiants ont demandé la neutralisation ou la validation automatique du semestre. Et ce fut plus de 52% des étudiants ayant répondu au sondage qui ont demandé des examens sous forme de Devoirs Maison à rendre sous 21 jours.
Cette dernière proposition, formulée par le SCUM et la Corpo Lettres Epsylone permettait de garantir les conditions d’examens les plus équitables et les plus accessibles pour l’ensemble des étudiantes et étudiants de l’université. L’amendement au Règlement des Etudes que nous avons soumis au vote afin de généraliser cette solution fut rejeté par 19 voix contre 16.
Cependant, malgré la non-généralisation des Devoirs Maison, l’université a accepté lors des réunions et échanges précédant le CEVU d’« encourager » les enseignants à recourir à cette modalité d’évaluation. Ainsi, entre 60% et 70% des examens se feront effectivement sous forme de Devoirs Maison.

Une rupture d’égalité préjudiciable pour l’ensemble des étudiants.

Toutefois, nous ne pouvons-nous satisfaire de ce résultat. En effet, les modalités d’examens consacrent le principe de l’inégalité entre les étudiants. Tout dépendra des modalités choisies par chaque enseignant. Certaines évaluations se feront en ligne, de façon chronométrées sur la plateforme pédagogique Moodle, connue pour ses bugs, d’autres par le rendu de Devoirs Maison, et certaines se feront même par des oraux en visiophonie ! Ces examens ne prennent pas en compte les difficultés de confinement rencontrées par beaucoup d’étudiants (bruit, connexion fluctuante, crises d’angoisse)

Ce ne sont pas les quelques avancées obtenues qui permettront de résorber la rupture d’équité.
En effet, l’université a accepté que les notes du second semestre ne soient pas prises en compte pour les candidatures en Master 1, et a appelé les jurys à « l’indulgence vis à vis des étudiants ayant vécu une grande difficulté personnelle en prenant en compte les résultats du premier semestre par exemple pour l’attribution de points jury ».

L’attitude de l’université en temps de crise révèle la crise de l’université.

Les enjeux semblent ainsi fixés. La présidence semble vouloir profiter d’une situation catastrophique inédite (on parle quand même de « pandémie mondiale » !) pour accentuer son processus de sélection, mieux correspondre aux nouvelles attentes d’une « nouvelle » université qui sélectionne encore et toujours plus aux dépens des précaires. En ces temps critiques, ce sont toujours les plus faibles qui sont sacrifiés, dans la société comme à l’université. Conséquence logique d’une institution à son image.

Alors que l’institution universitaire se dépeint comme un lieu de savoir, la crise sanitaire met ici le roi à nu. Quelle forme de sagesse peut-on effectivement trouver dans cette gestion délirante des problèmes rencontrés par les étudiants ?
Pourtant, ces problématiques se devraient d’être prises en compte par n’importe quel gestionnaire un peu sérieux de notre temps, aussi despotique soit-il. A l’autoritarisme s’ajoute une fois de plus un amateurisme devenu antithèse de toute forme de pragmatisme.

Aux revendications étudiantes, la même présidence d’université s’oppose en s’indignant d’une illusoire « dévalorisation » des diplômes tout en mettant en œuvre une mécanique de sélection drastique, où des quantités d’autres personnes se retrouvent triées et sélectionnées au quotidien, à l’université comme dans le reste de la société.
A l’image de l’attitude des « employeurs » à accepter ou à rejeter une candidature, la sélection sociale s’effectue aussi par le système éducatif, dès l’entrée à l’école maternelle. Dans ce qui apparait comme une fabrique de l’inégalité, l’invocation du « mérite », ou de la sélection comme processus logique et inné relève davantage de la superstition que de la raison.
Nos perspectives d’ascension sociale dépendent bien plus du hasard qui nous détermine tous que d’un quelconque talent voire travail. Le « savoir » à l’université consiste bien souvent à recracher son cours et être en bons termes avec ses enseignants, qui eux-mêmes s’assurent leur reproduction sociale.

Le Conseil des Etudes et de la Vie Universitaire de ce mercredi 15 avril avait l’occasion de réaffirmer l’ambition d’ascenseur social et de transmission des connaissances affichée par l’université.
Au contraire, il n’a fait que révéler un peu plus la mécanique froide d’une institution à l’image de la société dans laquelle elle s’inscrit : profondément et structurellement inégalitaire.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
http://www.combatuniversitaire.wordpress.com – syndicat.scum@live.fr

Dans les médias :

Les examens à l’université Paul Valéry en période de confinement

En pleine période de confinement pour faire face à une pandémie mondiale, les universités organisent les sessions d’examen du second semestre. La crise sanitaire et sociale majeure ne semble pas perturber les logiques bureaucratiques à l’oeuvre, et il leur semble difficile de prendre en compte la situation de leurs « usagers » et « usagères » dans le contexte actuel.

Depuis près de deux semaines, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) interpelle la direction de l’université concernant les modalités de tenue des examens. À la suite de plusieurs réunions, un nouveau règlement des études sera proposé par la présidence lors du Conseil des Études et de la Vie Universitaire (CÉVU) du 15 avril. Il sera valable uniquement pour le second semestre de l’année universitaire 2019-2020.
Nous vous en dévoilons aujourd’hui les grandes lignes, ainsi que nos propositions.
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Ceux pour qui la routine est une crise : les étudiants en santé, en première ligne face au Coronavirus

Une illustration de la précarité étudiante : Les étudiants soignants, de la main d’œuvre pas chère en temps normal et en temps de crise.

Une étudiante infirmière à Béthune : « On a eu zéro info […], vraiment ça m’étonnerait car c’est juste compté comme un stage… donc on aura nos 50 euros par semaine pas plus je pense […] Y a plein de stagiaires infirmiers qui ont plus de stages, et qui du coup sont réquisitionnés pour travailler. Sauf qu’en fait ils travaillent en tant qu’aide-soignant MAIS avec le statut de stagiaire. Ils ne sont pas payés, en échange on leur valide leur stage mais c’est tout »

Une étudiante en 7ème année de médecine à Montpellier : « On n’est pas beaucoup payés […] Les internes font rouler l’hôpital car ils sont moins chers à payer qu’un médecin. Il y a des patients de 80 ans qui passent vraiment 16h sur un brancard. Médecins comme infirmières, on pense tous que c’est de la maltraitance. Le problème c’est l’argent : il faut du personnel, des infirmières pour s’occuper des patients, et aussi de médecins. […] Là c’est vraiment exponentiel, on a de plus en plus de gens qui viennent. Comme on ne sait pas ce qu’on va vivre dans 10 jours, c’est angoissant. Pour l’instant on a pas de manque de masques, mais il y a eu 12000 masques volés dans les stocks, et on ne sait pas si ça a été réapprovisionné. On a peur de manquer de matériel. Car pour chaque patient, chaque soignant doit se changer à chaque fois. Ça fait beaucoup de matériel. »

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