Archives du mot-clé Sélection

Retrouvez ici nos mobilisations et positions contre la sélection universitaire.

Sélection en Master et orientation dans des voies de garage via Parcoursup : « des motifs de mobilisation »

Ce lundi 17 septembre, jour de rentrée universitaire à l’université Paul-Valéry Montpellier 3, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) est rapidement revenu, dans le journal « 20 Minutes », sur les pratiques de sélection mises en place par la présidence de cette université. L’opération de communication de Patrick Gilli ne peut effacer la réalité :

« des étudiants dans des voies de garage [à cause de] Parcoursup, et une sélection en master, qui sont des motifs d’appréhension, d’indignation et de mobilisation ».

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La compensation des notes et les secondes évaluations attaquées : un « arrêté licence » qui fabrique davantage d’échec.

Le 9 juillet, le CNESER (Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche) examinera le projet d’arrêté Licence, dont la dernière version date du 02 juillet.

De façon complémentaire à la logique déroulée par la mise en place de la sélection en Master en 2017, puis par la généralisation de la sélection en première année de Licence entraînée par le « Plan Etudiants » (ou Loi ORE), cette nouvelle mouture de l’arrêté Licence favorise délibérément la sélection sociale, en créant de l’échec supplémentaire. Le nouveau frein à la réussite est la fin de la compensation « totale » en Licence. Si ce texte est adopté, il sera laissé aux établissements la liberté de bloquer volontairement la compensation entre les UE (Unités d’Enseignement).

L’annonce que la compensation ne serait possible qu’au sein d’un même bloc de « compétences/connaissances » pourrait apparaître justifiée pédagogiquement, mais le diable se cache souvent dans les détails, et le seul cadrage de cette modalité le confirme. Les périmètres des UE et des blocs de compétences devront juste être « clairement identifiés dans les modalités de contrôle des connaissances et des compétences communiquées aux étudiants ». C’est-à-dire que les directions d’universités auront en réalité une liberté totale pour les définir.
Souvenons-nous, lors de l’autorisation de la sélection à l’entrée du Master, il s’agissait de laisser aux universités la même « liberté » de recruter leurs étudiants dans les filières dites « sous tension ». Plus d’un an après, on ne peut que constater qu’une sélection brutale et drastique s’est généralisée dans quasiment tous les Masters d’une écrasante majorité d’universités.

Mais ce projet d’arrêté Licence ne s’arrête pas là dans la fabrique de l’échec, le contrôle continu est renforcé et il est précisé qu’il pourra se faire « en présentiel ou en ligne ». Les étudiants précaires ne disposant pas d’un accès internet apprécieront. Ce texte ouvre aussi davantage la voie à des cours dématérialisés, maquillés ici sous le vocable de « pédagogies diversifiées visant à renforcer les capacités d’apprentissage autonome».
Concernant les secondes sessions d’évaluations, parfois appelées « rattrapages », une large interprétation est laissée aux établissements et le délai actuel de 15 jours pour réviser entre les deux sessions n’est désormais plus mentionné dans ce nouveau texte.

Une autre nouveauté introduite par ce texte, et non des moindres, concerné le contrat pédagogique, renommé (ironiquement ?) « contrat pédagogique pour la réussite étudiante ». Désormais, il n’est plus assuré que l’étudiant aura le dernier mot sur les modalités du contrat. Il est à craindre de voir se développer à travers ce changement un outil de professionnalisation en marche forcée durant la Licence, ce qui empêchera ainsi directement une partie des étudiants d’accéder au master. Pire encore, il est désormais écrit noir sur blanc que « les établissements mettent en place des […] dispositifs d’intégration permettant aux étudiants […] de changer de formation, que ces formations soient internes ou externes à l’établissement. » Il s’agit clairement ici de réorientation forcée, et possiblement en dehors de l’université. En résumé, il sera possible de jeter littéralement des étudiants en difficulté à la rue !

Alors que l’annonce du « Plan étudiants », devenu Loi ORE, annonçait la généralisation d’une sélection sociale et élitiste dès l’entrée en Licence, le projet d’arrêté Licence qui sera soumis au CNESER le 9 juillet va désormais plus loin et réduit drastiquement les chances de réussites des étudiants, tout en fermant progressivement les chances d’atteindre un niveau Master à un nombre de plus en plus élevé.

Nous rappelons que la poursuite d’études et l’accès à un diplôme de l’enseignement supérieur reste une des rares chances, aujourd’hui, d’échapper à une précarité accrue dans le monde du travail. Le gouvernement fait encore une fois le choix, après avoir mis sur le carreau des milliers de jeunes via la plateforme « Parcoursup », de maintenir une génération entière dans la précarité.

Face à ces projets délétères, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) continuera à se mobiliser et multipliera les actions. Notre avenir nous appartient, et nous sommes prêts à nous battre pour le défendre !

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr – www.combatuniversitaire.wordpress.com


Compléments d’information :

Premiers chiffres « Parcoursup » : une génération sacrifiée ?

Mardi 22 mai, les premiers chiffres du logiciel « Parcoursup » sont tombés. Frédérique Vidal annonce dans les médias que 400 000 candidats à l’entrée à l’université sont sans réponse favorable, dont 29000 avec uniquement des refus. Pourtant, le 7 janvier, la ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, avait annoncé sur twitter que « L’université va dire oui à tout le monde, tous les étudiants seront inscrits dans la formation de leur choix mais elle va adapter les parcours ».

Ces chiffres effrayants masquent une mécanique encore plus implacable : les vœux de chaque lycéen n’étant plus classés, de nombreux sont acceptés dans des cursus et des établissements qui n’ont pas leurs préférence. Ainsi, aux 400 000 lycéens laissés dans l’incertitude, combien de milliers, voire de centaines de milliers, sont d’ores et déjà poussés vers une voie de garage ?

Près d’un mois après l’annonce du « Plan étudiants » qui allait donner naissance à la Loi ORE (Orientation et Réussite des Etudiants), le gouvernement annonçait, le 22 novembre 2017, la transformation du logiciel d’inscription à l’université « Admission Post Bac » (APB) en « Parcoursup ». Derrière le changement de nom et d’ergonomie, c’est tout un renversement de paradigme qui s’est alors opéré pour l’accès à l’enseignement supérieur. Désormais, ce ne sont plus les étudiants qui ont la maîtrise de leur orientation, mais ce sont les universités qui « recrutent » leurs futurs étudiants. Et, à l’image de l’université Paul Valéry – Montpellier 3, qui a mis en place des critères de sélection extrêmement drastiques et socialement marqués, les universités ont compris l’utilisation élitiste qui pouvait être faite de « Parcoursup ». Ainsi, alors que l’an dernier, au début du premier tour d’APB, 140 000 candidats n’avaient eu aucune proposition, ils sont désormais 400 000, auxquels il faut rajouter ceux ayant eu une réponse favorable d’une filière pas forcement souhaitée. Les professeurs de lycées vont-ils devoir se muer en psychologues scolaires afin d’accompagner le découragement voire le désespoir des milliers de jeunes, qui se sont vus annoncer sur une plateforme web qu’à trois semaines du Bac, leur avenir est sur liste d’attente ?

Des centaines de milliers de jeunes se retrouvent dans l’incertitude et potentiellement exclus de l’accès à des études supérieures. Aux côtés des lycéens et des étudiants, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) continuera à se battre contre le sacrifice d’une génération entière sur l’autel de l’élitisme. Face au gouvernement et aux directions d’universités, le combat ne fait que commencer !

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr – www.combatuniversitaire.wordpress.com

Sélection, autoritarisme et violence à l’université Paul Valéry : élus étudiants, nous boycottons le CÉVU.

Ce mardi 15 mai 2018 se tient la séance du Conseil des Études et de la Vie Universitaire (CÉVU) de l’université Paul Valéry – Montpellier 3. Une réunion en l’absence des élus SCUM, indépendants ou sous l’étiquette UNEF, pour les raisons suivantes : Lire la suite Sélection, autoritarisme et violence à l’université Paul Valéry : élus étudiants, nous boycottons le CÉVU.

Frapper des étudiants pour imposer « Parcours Sup’ » : c’est la fête à la présidence de l’université Paul Valéry !

Puisque Patrick Gilli fête la sélection en molestant des étudiants, fêtons Patrick Gilli ! Rendez-vous vendredi 11 mai à 13h devant l’université Paul Valéry pour un pique nique !

Ce lundi 07 mai, la présidence de l’université Paul Valéry – Montpellier 3 avait convoqué une réunion des responsables de composantes de l’université dans le cadre du traitement des dossiers sur la plateforme de sélection « Parcours Sup’ ». C’était sans compter sur les étudiants et personnels mobilisés contre la sélection sociale, qui ont tenu à partir de 14h un rassemblement devant les portes de la salle ou devait se tenir la réunion.

Déterminé à tenir coûte que coûte cette réunion, Patrick Gilli s’est alors réfugié dans le bâtiment administratif « Les Guihems » avec les responsables de composantes, les étudiants mobilisés étant bousculés sans ménagement par les vigiles privés pour faire passer ces sélectionneurs sans gloire. Malgré l’impressionnant dispositif de sécurité, les étudiants ont contraint une nouvelle fois la réunion a se déplacer dans une autre salle du bâtiment, car le bruit produit par le rassemblement empêchait celle-ci de se tenir. Une courageuse étudiante est parvenue à entrer à l’intérieur du bâtiment au rez-de-chaussée, ou elle a fait face à des vigiles fortement remontés.

La chemise de Patrick Gilli tachée du sang d’un étudiant.
Mur du couloir de la présidence de l’université, éclaboussé par du sang d’un étudiant suite aux violences commises par des enseignants.

Pendant ce temps, des étudiants se sont faufilés par une fenêtre ouverte dans la salle ou se tenait la réunion « Parcours Sup » afin d’exprimer leur opposition à la mise en place de la sélection. Une fois entrés dans la salle, ces étudiants, dont un élu étudiant du SCUM, se sont vus empoignés par des enseignants et personnels administratifs, dont le président Patrick Gilli en personne afin d’être mis à la porte. Alors qu’ils tentaient de résister de façon pacifiste en s’accrochant aux meubles et portes, ils ont eu la surprise de recevoir des coups de pieds, de genoux et de poing. La chemise blanche du président Patrick Gilli fut même tachée par le sang d’un des étudiants frappés, ainsi que des murs. Les coups gratuits reçus par ces étudiants n’ont cessé qu’à l’arrivée des agents « sécurité incendie ». Les mains en sang, notre élu s’est vu soumis à un chantage ignoble de la part de la vice-présidente de l’université, Maud Morlaas : Il ne pourra sortir du bâtiment et recevoir des soins que lorsqu’il aura accepté d’enlever le sang de son visage et de ses mains. Après avoir directement supervisé le molestage d’étudiants, la vice-présidente de l’université assure le service après-vente en tentant d’effacer les preuves. Ayant du se soumettre à ce chantage, les étudiants ont ensuite été pris en charge par la médecine préventive de l’université. Une main courante a été déposée.

Après les violences miliciennes du 22 mars et les violences policières des 10 et 14 avril, encore une fois des étudiants mobilisés se voient agressés physiquement de façon gratuite. La violence et le refus d’entendre la parole étudiante présagent le caractère des mesures que souhaite mettre en place la direction et le gouvernement. La représentation étudiante à l’université reste purement symbolique et est écartée dès qu’il s’agit de traiter une question contentieuse ou cruciale pour les étudiant/es, relégué/es au statut de simples « usagers ». Patrick Gilli met tout en œuvre pour imposer une sélection à l’image de son ouïe sélective et de son costume trempé dans le sang étudiant.

Ces violences n’entameront pas notre détermination sans faille à lutter contre la sélection sociale.

Nous appelons à multiplier les actions contre les directions d’université et contre le gouvernement, afin de défendre notre droit à un avenir.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
syndicat.scum@live.fr – www.combatuniversitaire.wordpress.com

Moment chantage : l’étudiant blessé ne pourra partir du bâtiment qu’une fois le sang nettoyé de ses mains et de son visage.

 

 

 

 

 

 

 

Les médias en parlent :

Retour à la normale, l’université Paul Valéry – Montpellier 3 rebloquée

Un doberman et une sécurité privée envoyés contre les étudiants

Alerte info. Patrick Gilli qui déclarait que la situation était sous contrôle lundi vient de subir un camouflet. Ce mercredi matin à 6h, de courageux et audacieux étudiants bloqueurs on reprit le contrôle de leur université. Malgré les pressions qu’ils ont subi de la part de vigiles particulièrement vindicatifs et d’un molosse présent pour faire peur aux étudiantes et étudiants qui tentent de défendre leurs droits.

L’ensemble de la journée a été marquée par le refus de la présidence de reconnaître les revendications des étudiants. La direction a ainsi essayé de débloquer toute la journée parfois de manière violente. Deux étudiantes qui tenaient ainsi un piquet de grève se sont vu emportées sous une table par des vigiles venus leur sommer de partir. Vers 10h a eu lieue une AG où les étudiants ont décidé de la suite du mouvement.

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Patrick Gilli en train de superviser en personne les violences contre les étudiants de la fac.

Dans l’après midi le bâtiment de l’IEFE a été pris avec audace. Cet institut est une des premières sources de revenus de l’université et fait payer à ses étudiants des coûts d’inscription particulièrement élevé. Une cinquantaine d’étudiants réfugiés ayant subi déjà énormément d’épreuves dans des pays comme l’Afghanistan ou la Syrie doivent ainsi, après avoir fuit les bombes, donner un bras pour pouvoir étudier. Mais après une heure face à la pression, le barrage a du cédé face aux violences exercées par une présidence et une sécurité omniprésente. Patrick Gilli qui n’est pourtant plus considéré comme président par les étudiants et personnels (depuis l’AG du 27 mars) a même poussé et insulté des étudiants devant l’une des portes. Nous condamnons cette violence qui n’est aucunement justifiable. Nous somme habitués malheureusement à ces accès de violence que les étudiants de Montpellier ont déjà subi à la fac de droit , devant le rectorat ou lors de la manifestation du 14. Malgré toute cette brutalité le mouvement ne cède pas. Paris VIII va ainsi être rebloquée tout comme Montpellier 3. Partout en France des dizaines de facultés sont en lutte face à l’attaque du gouvernement et des directions d’universités sur notre droit à un avenir.

Nous ne céderons pas face à la répression anti mouvement social qui tente de faire taire toute une génération.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM

L’imagination au pouvoir pour la semaine du 1er mai !

  A l’occasion de la journée internationale de lutte des travailleurs, une manifestation interprofessionnelle se tiendra mardi 1er mai à 10h au départ du Peyrou à Montpellier. (retrouvez ici le tract national)
Autre date cruciale pour la mobilisation étudiante, après une semaine marquée par la solidarité interprofessionnelle (soutien aux cheminots notamment), une Assemblée Générale de lutte se tiendra mercredi 2 mai à 10h dans l’amphi A de l’université Paul Valéry. A l’heure ou la sélection élitiste décidée par la présidence de l’université est en train d’être concrètement mise en œuvre via la plateforme de tri social « Parcours Sup », il est nécessaire d’évoquer ensemble les moyens d’accentuer la pression sur le gouvernement et les universités.

Retrouvez ici les dernières interventions du SCUM dans les médias concernant la tenue illégale de partiels en ligne (ou délocalisés) et sur l’intervention policière du lundi 23 avril dans un campus vide :