Archives pour la catégorie Réflexions

A l’Université Paul Valéry, la sélection sociale amplifiée, pour quelles réponses ?

Alors que le premier ministre a annoncé une hausse des frais d’inscription de plusieurs milliers d’euros pour les étudiants étrangers « non-européens » ; alors que la mobilisation étudiante de l’an dernier a occupé l’Université en continu pendant plus de trois mois, alors que le mouvement dit « des gilets jaunes » s’organise dans toute la France pour lutter contre la précarité, la présidence de l’Université Paul Valéry Montpellier 3 s’illustre encore une fois par son cynisme.

 Ce mardi 11 décembre se réunissait le Conseil des Études et de la Vie Universitaire (CEVU) de l’Université Paul Valéry Montpellier 3. A l’ordre du jour de cette instance se trouvait le vote des nouveaux quotas et critères de sélection pour l’entrée en Licence et l’accès en Master. Ces modalités de sélection, fixées en toute liberté par chaque université, restreignent encore une fois davantage l’accès aux études supérieures, notamment pour les plus précaires.

Parce que la sélection sociale prend aussi la forme de l’augmentation annoncée des frais d’inscription pour les étudiants internationaux, un rassemblement était appelé par l’Union des Étudiants Étrangers de Montpellier devant la réunion de cette instance. Ce rassemblement, soutenu par le SCUM, SOS Racisme et la LDH s’est tenu dans un contexte ou plusieurs bâtiments de cours, mais pas le bâtiment de la présidence, ont fait l’objet d’une tentative matinale de blocage. Les étudiants présents au rassemblement ont alors émis l’idée d’intervenir directement au sein de la réunion du CEVU pour empêcher le vote des mesures de sélection en Licence et Master. Malheureusement, la présence des agents « sécurité incendies » encore une fois transformés en vigiles et l’attitude incompréhensible d’éléments extérieurs au rassemblement n’ont pas permis une telle intervention.

La séance du conseil se tenant ainsi sans encombres, nos élus « Fac Off » (SCUM et CEI) ont voté contre la mise en place de la sélection et sont intervenus à plusieurs reprises pour dénoncer ces critères iniques de tri social. Ils ont obtenu le retrait d’un critère d’âge discriminatoire, proposé par la présidence afin d’évaluer la « maturité » de l’étudiant. Ils ont aussi dénoncé la curieuse conception démocratique de la présidence de l’université, puisque les documents soumis au vote n’ont été transmis aux élus que la veille, au mépris du délai légal.

Aux alentours de midi s’est tenue une « Assemblée Générale » d’une soixantaine d’étudiants. La représentante de l’Union des Étudiants Étrangers de Montpellier a insisté sur la volonté d’auto-organisation des étudiants étrangers, afin de se prémunir de toute forme d’instrumentalisation, de paternalisme et de racisme.

Engagés contre la politique de la présidence de l’université, et encouragés en ce sens par un premier vote de l’Assemblée Générale exigeant encore une fois la démission de Patrick Gilli de sa fonction de président de l’université, nous avons proposé de dépasser les simples déclarations d’intention et de passer à l’action concrète : l’organisation d’un « lock-out » de la présidence de l’université dès la fin de l’assemblée.
Malheureusement, après l’intervention d’un élu étudiant pourtant membre d’une organisation étudiante « de lutte » appelant à ne pas entreprendre de blocage ou d’occupation du bâtiment de la présidence, l’Assemblée Générale s’est à son tour prononcée contre la création immédiate d un rapport de force avec la direction de l’université.

Cette frilosité ne peut que surprendre, le jour-même ou est révélé que le recours à une entreprise de sécurité privé par Patrick Gilli s’est fait en toute illégalité, avec des connexions douteuses avec l’affaire Benalla. Toutefois, l’Assemblée Générale s’est prononcée pour l’envoi d’une délégation auprès du président de l’université, et nous avons pu l’interroger sur la hausse des frais d’inscription concernant les étudiants étrangers. Devant les étudiants présents, il s’est engagé à élargir l’exonération de frais d’inscription. Mais ces paroles rassurantes, qu’aucun écrit n’est venu confirmer, appelent à des actes concrets.

Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) continuera à se mobiliser au quotidien pour défendre les étudiants, notamment les plus précaires, face à la direction de l’université et aux politiques gouvernementales. La défense de notre droit à un avenir ne doit pas rester soumise au cycle démobilisateur d’assemblées en quète de légitimité para-parlementaire, au risque de bloquer l’action. C’est l’organisation de la lutte concrète qui doit se faire, par toutes et tous, dans les assemblées, de façon autonome des partis politiques, des syndicats nationaux et de la présidence de l’université.

Nous rappelons qu’en l’absence de réel rapport de force assumé face à la présidence, cette dernière a fait passer successivement, ces dernières années , une sélection sociale drastique en Master puis en Licence. Des milliers d’étudiants se trouvent déjà impactés par les décisions prises par Patrick Gilli et son équipe. Alors que de plus en plus de gens se mobilisent, partout en France, contre la précarité, il est urgent de se ressaisir et de se mettre en condition, campus par campus, afin de gagner le combat contre la sélection sociale !

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
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Notre rassemblement dans les médias :

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Création du collectif de solidarité avec Pinar Selek

Mercredi 21 novembre, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) a participé à la création du collectif de solidarité avec Pinar Selek 34. Lire la suite Création du collectif de solidarité avec Pinar Selek

Elections universitaires à Paul Valéry : Patrick Gilli humilié, le SCUM renforcé, les mobilisations étudiantes légitimées

Les 13 et 14 novembre se déroulaient les élections des représentants étudiants des conseils centraux de l’Université Paul-Valéry Montpellier 3. Ce scrutin se déroulait dans un contexte de généralisation de la sélection sociale en Licence et Master. Dans les filières sous tension (où le nombre de places est limité sur volonté de la présidence de l’université), de nombreux étudiants témoignent sur les réseaux sociaux d’une ambiance de plus en plus délétère année après année, générant mal-être et insécurité. La menace planant depuis cet été sur le maintien des secondes évaluations et de la compensation des semestres n’a fait qu’accroitre ce climat anxiogène. Quelques mois après le massif mouvement de grève du printemps dernier, l’heure était à l’étouffement des revendications étudiantes et à la répression violente de la part de la présidence de l’université. Après nous avoir expulsés illégalement de nos locaux, harcelé nos élus, molesté violement des étudiants et exclu ceux qui ont osé demander sa démission dans les médias, la présidence de l’université est allée jusqu’à tenter de nous empêcher de déposer nos listes lors de ce scrutin.

Dans ce contexte, ou certains responsables administratifs appelaient ouvertement à voter contre nous jusqu’aux abords du bureau de vote, notre liste indépendante “Fac Off”, menée avec le Comité Etudiant Indépendant et l’Association des Etudiants en Master et Doctorat de Montpellier, était l’unique à s’opposer ouvertement à la présidence de l’université, en relayant les revendications du mouvement étudiant dont celle de la démission de Patrick Gilli. Seule liste à présenter un bilan complet de nos actions au cours des dernières années, nous avons eu la surprise de constater une curieuse « union sacrée » entre trois autres listes : “votez pour n’importe qui mais pas pour le SCUM”. Si voir les parisiens du Bureau National de la fantomatique UNEF délivrer le même discours que la liste de l’ADEM3/AGEM était surprenant, l’attitude de la liste “Solidaires Etudiant-e-s” l’était certes beaucoup moins : par exemple en septembre, certains membres de cette liste, avaient directement participé à la répression contre notre syndicat en section disciplinaire.

Patrick Gilli désavoué

Seule liste clairement opposée à la présidence de l’université, la liste d’union “Fac Off” double son nombre de voix et fait du SCUM une force incontournable : 5 sièges au total, soit 2 sièges de plus que les listes SCUM et CEI il y a deux ans.

Si cette forte progression constitue bien entendu un camouflet envers la politique de la présidence de l’université, son désaveu est en réalité bien plus large. Ces élections devaient sanctifier un « retour à la normale » après de nombreux mois de forte mobilisation étudiante contre la sélection mise en place par la présidence de la fac. Or, la quasi-totalité des étudiants a refusé de participer à cette mise en scène : seuls 1426 étudiants se sont déplacés pour voter lors de ce scrutin, soit à peine 7,6% des étudiants inscrits, et surtout plus de deux fois moins que lors de l’Assemblée Générale étudiante du 27 mars 2018, qui avait voté la grève illimitée et décidé de ne plus reconnaître Patrick Gilli comme président de l’université.

Ce boycott de plus de 92% des étudiants prouve que les mouvements sociaux ont plus de légitimité que les scrutins électoraux universitaires.

Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) continuera à lutter contre la sélection, les politiques précarisantes, l’omerta sur les harcèlements sexuels et plus largement à défendre notre droit à un avenir face à la présidence de l’université et aux politiques gouvernementales.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
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Journée d’intégration de l’université Paul Valéry : Merci !

Vendredi 14 septembre, pour la première fois, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) organisait la journée d’intégration des nouveaux étudiants de l’université Paul Valéry Montpellier 3. Le succès a été au rendez-vous avec une forte affluence.

Jeu de piste de découverte du campus, présentation générale du fonctionnement de l’université (cours, examens, instances, associations étudiantes ..etc), pique-nique géant sur la pelouse principale, et découverte des lieux emblématiques de la ville étaient au programme de cette belle journée ensoleillée. La soirée d’intégration organisée par le SCUM a dépassé toutes nos prévisions avec plus de 400 étudiants. Cette soirée, gratuite, s’est tenue dans des lieux aux tarifs de consommation préférentiels, afin qu’aucun nouveau étudiant ne débute l’année isolé socialement.

Le choix de la gratuité totale.

Dans un contexte ou bien souvent les étudiants se trouvent de plus en plus isolés et précarisés par l’augmentation du coût de la vie et les différentes politiques gouvernementales et des présidences d’universités, le SCUM a lutté de façon concrète contre l’isolement. Pour la journée mais aussi pour la soirée d’intégration, nous avons délibérément fait le choix de la gratuité, plutôt que de faire payer un prix fixe ou libre, car il est capital que tous les étudiants puissent bénéficier de ce type d’évènement.

Le succès de cette journée démontre la pertinence de la démarche syndicale novatrice portée par le SCUM dans les universités montpelliéraines.

Un grand merci aux nombreux étudiants ayant participé à cette journée et soirée d’intégration !

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La compensation des notes et les secondes évaluations attaquées : un « arrêté licence » qui fabrique davantage d’échec.

Le 9 juillet, le CNESER (Conseil National de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche) examinera le projet d’arrêté Licence, dont la dernière version date du 02 juillet.

De façon complémentaire à la logique déroulée par la mise en place de la sélection en Master en 2017, puis par la généralisation de la sélection en première année de Licence entraînée par le « Plan Etudiants » (ou Loi ORE), cette nouvelle mouture de l’arrêté Licence favorise délibérément la sélection sociale, en créant de l’échec supplémentaire. Le nouveau frein à la réussite est la fin de la compensation « totale » en Licence. Si ce texte est adopté, il sera laissé aux établissements la liberté de bloquer volontairement la compensation entre les UE (Unités d’Enseignement).

L’annonce que la compensation ne serait possible qu’au sein d’un même bloc de « compétences/connaissances » pourrait apparaître justifiée pédagogiquement, mais le diable se cache souvent dans les détails, et le seul cadrage de cette modalité le confirme. Les périmètres des UE et des blocs de compétences devront juste être « clairement identifiés dans les modalités de contrôle des connaissances et des compétences communiquées aux étudiants ». C’est-à-dire que les directions d’universités auront en réalité une liberté totale pour les définir.
Souvenons-nous, lors de l’autorisation de la sélection à l’entrée du Master, il s’agissait de laisser aux universités la même « liberté » de recruter leurs étudiants dans les filières dites « sous tension ». Plus d’un an après, on ne peut que constater qu’une sélection brutale et drastique s’est généralisée dans quasiment tous les Masters d’une écrasante majorité d’universités.

Mais ce projet d’arrêté Licence ne s’arrête pas là dans la fabrique de l’échec, le contrôle continu est renforcé et il est précisé qu’il pourra se faire « en présentiel ou en ligne ». Les étudiants précaires ne disposant pas d’un accès internet apprécieront. Ce texte ouvre aussi davantage la voie à des cours dématérialisés, maquillés ici sous le vocable de « pédagogies diversifiées visant à renforcer les capacités d’apprentissage autonome».
Concernant les secondes sessions d’évaluations, parfois appelées « rattrapages », une large interprétation est laissée aux établissements et le délai actuel de 15 jours pour réviser entre les deux sessions n’est désormais plus mentionné dans ce nouveau texte.

Une autre nouveauté introduite par ce texte, et non des moindres, concerné le contrat pédagogique, renommé (ironiquement ?) « contrat pédagogique pour la réussite étudiante ». Désormais, il n’est plus assuré que l’étudiant aura le dernier mot sur les modalités du contrat. Il est à craindre de voir se développer à travers ce changement un outil de professionnalisation en marche forcée durant la Licence, ce qui empêchera ainsi directement une partie des étudiants d’accéder au master. Pire encore, il est désormais écrit noir sur blanc que « les établissements mettent en place des […] dispositifs d’intégration permettant aux étudiants […] de changer de formation, que ces formations soient internes ou externes à l’établissement. » Il s’agit clairement ici de réorientation forcée, et possiblement en dehors de l’université. En résumé, il sera possible de jeter littéralement des étudiants en difficulté à la rue !

Alors que l’annonce du « Plan étudiants », devenu Loi ORE, annonçait la généralisation d’une sélection sociale et élitiste dès l’entrée en Licence, le projet d’arrêté Licence qui sera soumis au CNESER le 9 juillet va désormais plus loin et réduit drastiquement les chances de réussites des étudiants, tout en fermant progressivement les chances d’atteindre un niveau Master à un nombre de plus en plus élevé.

Nous rappelons que la poursuite d’études et l’accès à un diplôme de l’enseignement supérieur reste une des rares chances, aujourd’hui, d’échapper à une précarité accrue dans le monde du travail. Le gouvernement fait encore une fois le choix, après avoir mis sur le carreau des milliers de jeunes via la plateforme « Parcoursup », de maintenir une génération entière dans la précarité.

Face à ces projets délétères, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) continuera à se mobiliser et multipliera les actions. Notre avenir nous appartient, et nous sommes prêts à nous battre pour le défendre !

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
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Compléments d’information :

Premiers chiffres « Parcoursup » : une génération sacrifiée ?

Mardi 22 mai, les premiers chiffres du logiciel « Parcoursup » sont tombés. Frédérique Vidal annonce dans les médias que 400 000 candidats à l’entrée à l’université sont sans réponse favorable, dont 29000 avec uniquement des refus. Pourtant, le 7 janvier, la ministre de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, avait annoncé sur twitter que « L’université va dire oui à tout le monde, tous les étudiants seront inscrits dans la formation de leur choix mais elle va adapter les parcours ».

Ces chiffres effrayants masquent une mécanique encore plus implacable : les vœux de chaque lycéen n’étant plus classés, de nombreux sont acceptés dans des cursus et des établissements qui n’ont pas leurs préférence. Ainsi, aux 400 000 lycéens laissés dans l’incertitude, combien de milliers, voire de centaines de milliers, sont d’ores et déjà poussés vers une voie de garage ?

Près d’un mois après l’annonce du « Plan étudiants » qui allait donner naissance à la Loi ORE (Orientation et Réussite des Etudiants), le gouvernement annonçait, le 22 novembre 2017, la transformation du logiciel d’inscription à l’université « Admission Post Bac » (APB) en « Parcoursup ». Derrière le changement de nom et d’ergonomie, c’est tout un renversement de paradigme qui s’est alors opéré pour l’accès à l’enseignement supérieur. Désormais, ce ne sont plus les étudiants qui ont la maîtrise de leur orientation, mais ce sont les universités qui « recrutent » leurs futurs étudiants. Et, à l’image de l’université Paul Valéry – Montpellier 3, qui a mis en place des critères de sélection extrêmement drastiques et socialement marqués, les universités ont compris l’utilisation élitiste qui pouvait être faite de « Parcoursup ». Ainsi, alors que l’an dernier, au début du premier tour d’APB, 140 000 candidats n’avaient eu aucune proposition, ils sont désormais 400 000, auxquels il faut rajouter ceux ayant eu une réponse favorable d’une filière pas forcement souhaitée. Les professeurs de lycées vont-ils devoir se muer en psychologues scolaires afin d’accompagner le découragement voire le désespoir des milliers de jeunes, qui se sont vus annoncer sur une plateforme web qu’à trois semaines du Bac, leur avenir est sur liste d’attente ?

Des centaines de milliers de jeunes se retrouvent dans l’incertitude et potentiellement exclus de l’accès à des études supérieures. Aux côtés des lycéens et des étudiants, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) continuera à se battre contre le sacrifice d’une génération entière sur l’autel de l’élitisme. Face au gouvernement et aux directions d’universités, le combat ne fait que commencer !

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
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Blocage illimité de l’université Paul Valéry : ensemble, tout devient possible !

Contre la sélection sociale et la précarité, près de 3000 étudiants se sont rassemblés ce mardi 27 mars 2018 en Assemblée Générale sur les pelouses de l’université Paul Valéry- Montpellier 3.
Après plus de 6h de discussions et de débats, le blocage illimité avec occupation de l’université Paul Valéry a été voté par plus des trois quarts de l’assemblée. Patrick Gilli, qui a passé la journée à se cacher derrière les arbres, n’est plus reconnu par les étudiants comme président de l’université. La démission d’Emmanuel Macron est exigée tout comme la radiation de Philippe Pétel du corps professoral. Les personnels de l’université sont invités à se mettre en grève illimitée. La convergence des luttes a été affirmée avec force, avec la participation des étudiants à la journée de mobilisation nationale contre la répression le 28 mars (rassemblement à la préfecture à 17h), puis une manifestation au rectorat pour empêcher l’application de l’outil de tri social « ParcoursSup » pour les bacheliers 2018. Le principe du blocage économique sur la ville de Montpellier a aussi été adopté pour le 3 avril. La lutte contre la sélection sociale pratiquée par l’université est le révélateur d’un refus plus large : nous ne voulons plus survivre, nous voulons vivre.
 
Tel un illusionniste, Patrick Gilli tente de masquer l’impossibilité pour lui de continuer à assumer ses fonctions de président. Depuis deux semaines, il n’a même plus accès à son bureau, et sa seule activité de « président » se résume à l’envoi d’e-mails. Dans son dernier e-mail envoyé ce mardi 27 mars, il retente le chantage aux examens. Mais les milliers d’étudiants mobilisés veulent davantage, ils arracheront à ce futur ex-président plein de mépris leur « semestre gratuit » (le 10 améliorable, procédure déjà mise en place lors de précédents mouvements dans plusieurs universités). La direction de l’université, à coups d’appels téléphoniques nocturnes, tente d’empêcher les personnels de se joindre au mouvement étudiant, sans aucun effet. On a même vu la direction d’un service tenter un improbable chantage aux activités culturelles pour forcer un piquet de grève.
Ce mardi, suite à l’assemblée générale, près de 2000 étudiants ont marché sur l’hôtel de police de Montpellier pour protester contre la décision policière de ne pas prendre en compte les témoignages d’étudiants à propos de l’agression milicienne de la nuit du 22 mars dans la Faculté de Droit et Sciences Politiques.
Aujourd’hui, les étudiants montpelliérains ont fait le choix clair de la poursuite de la grève, et de son élargissement dans ses moyens comme ses objectifs. Nous ne pouvons que nous réjouir que les étudiants débordent massivement les anciens cadres et structures, dont le SCUM. Désormais, il est temps pour chacun de s’approprier les outils de la lutte.
Nous vivons tous un moment décisif, à nous de nous réapproprier notre avenir, pour nous réapproprier nos vies.
 
Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM

syndicat.scum@live.fr – www.combatuniversitaire.wordpress.com


Les prochaines dates de mobilisation :
  • Mercredi 28 mars à midi, amphi A (université Paul Valéry) : comité de mobilisation
  • Mercredi 28 mars à 17h, devant la Préfecture : rassemblement pour réclamer justice et vérité pour les victimes de l’agression milicienne du 22 mars.
  • Jeudi 29 mars à 18h, amphi A (université Paul Valéry) : comité de mobilisation
  • Vendredi 30 mars à 10h30, devant l’entreprise Provente (2 rue du fer à cheval à St Jean de Vedas, Tram 2 arrèt Victoire 2) : manifestation contre une délocalisation économique (event).
  • Vendredi 30 mars à 16h, devant la Faculté de Droit et Sciences politiques : Marche pour la Justice, contre les agresseurs et leurs complices (event).
  • Mardi 03 avril à 7h30, devant la Faculté de Droit et Sciences politiques : Rassemblement « réouverture de la faculté, étudiants en danger« 
  • Mardi 03 avril à 11h, devant l’entreprise Provente (2 rue du fer à cheval à St Jean de Vedas, Tram 2 arrèt Victoire 2) : tractage et manifestation contre une délocalisation économique
  • Mardi 03 avril à 11h, devant la Faculté de Droit et Sciences politiques : manifestation
  • Mardi 03 avril à 14h, à la gare : rassemblement en soutien aux cheminots en grève
  • Mercredi 04 avril à 10h30, amphi A (université Paul Valéry) : Assemblée Générale de lutte
La mobilisation dans les médias :