Archives pour la catégorie Réflexions

A la fac comme partout, #BalanceTonPorc !

Depuis plus d’un mois, le monde semble découvrir, incrédule, l’ampleur des violences sexistes de notre société, accolées aux hashtags #MeToo et #BalanceTonPorc. Le milieu universitaire n’est pas épargné, avec des professeurs abusant de leur position de pouvoir, et des soirées arrosées ou le consentement semble bien souvent une vue de l’esprit. Depuis quelques jours, c’est au tour de militantes d’une des principales organisations étudiantes de dénoncer des pratiques violentes et machistes ayant cours en son sein. Nous rappelons qu’à l’université Paul Valéry à Montpellier, lorsque le SCUM s’est créé, ce fut dans un contexte ou ce type de violences se trouvait couvert au sein d’une autre organisation étudiante, pourtant habituée à organiser des événements culturels subventionnés sur cette thématique. Dans ces deux cas, la parole des victimes s’est trouvée minimisée et les faits relativisés. Nous nous souvenons que l’acronyme de notre syndicat, SCUM, est une référence au manifeste féministe et volontairement provocateur rédigé par Valérie Solanas, le célèbre « SCUM Manifesto ». Mais il ne suffit pas de se proclamer « antisexiste » pour l’être, et nous avons bien conscience de faire partie d’une société ou les discriminations et les violences restent bien souvent la norme. Une norme souvent étouffée par les institutions. Comment qualifier autrement l’invitation faite aux victimes, sur les campus, à se rapprocher d’abord des directions de cité U ou des « missions égalité » plutôt que de directement déposer plainte ? Cette injonction à la dissimulation et au traitement en interne semble davantage protéger l’institution que les victimes. Trop souvent, le silence a été la norme.

Désormais, il est urgent de dénoncer systématiquement et publiquement ces agissements. Ainsi, nous souhaitons rappeler que notre permanence reste et sera toujours ouverte à celles et ceux qui veulent témoigner, entamer des procédures et s’organiser concrètement, de façon publique ou anonyme afin de faire reculer les violences et agressions sur notre campus.

Nous apportons aussi notre soutien plein et entier à la marche de nuit en non-mixité choisie, qui aura lieue le vendredi 24 novembre 2017. En cette veille de journée de lutte contre les violences faites aux femmes, le rendez-vous est donné 19h au Peyrou, à Montpellier.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM

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Plan Étudiants : en marche vers la sélection sociale

Les rentrées universitaires se suivent et se ressemblent. Cette année, des milliers de bacheliers se sont retrouvés sur le carreau, tout comme des milliers d’étudiants refusés en Master. Les directions d’université ont usé et abusé de leurs prérogatives, fixation de quotas d’accueil et sélection en Master, au détriment des étudiants.

Ce lundi, le gouvernement a dévoilé son « Plan étudiants ». La fin annoncée du tirage au sort, la gratuité de la sécurité sociale et l’attention portée à l’orientation ne masquent ni le manque d’ambition de ce plan, ni ses conséquences directes pour des milliers d’étudiants.

Après la sélection sur le hasard, la sélection sur la voyance ?

L’annonce de la fin du tirage au sort pouvait laisser espérer que l’accès de chacun aux études supérieures de son choix deviennent enfin une réalité. Or, comme pour la sélection en Master, il est laissé aux universités la possibilité de refuser des bacheliers en fonction des quotas d’accueil, sur la base de prérequis, appelés ici « attendus ». Ces quotas d’accueil étant fixés par les directions d’universités, il apparaît ainsi que ces dernières seront ainsi laissées libres de refuser de nombreux bacheliers. Les décisions d’acceptation ou de refus se baseront en partie sur un « avis » formulé par le conseil de classe de Terminale. Ainsi, il reviendra à des enseignants du Secondaire de juger sur la capacité des élèves à réussir, dans un futur plus ou moins lointain, leurs études dans l’enseignement supérieur. Cet « avis » fait courir un réel danger aux élèves en fonction de l’appréciation des professeurs sur eux et de l’interprétation des dossier par les universités. Rappelons qu’aujourd’hui déjà, le conseil de classe donne un avis sur l’orientation des futurs étudiants, et que c’est l’obtention du Baccalauréat qui permet de juger si le lycéen est apte à poursuivre ses études dans l’enseignement supérieur.

Une première année de Licence à double vitesse ?

L’idée d’une première année de renforcement pour permettre aux lycéens d’acquérir la méthodologie universitaire peut apparaître plutôt positive. A condition qu’elle reste facultative. L’individualisation des parcours risque de déboucher sur un véritable tri entre les « bons » bacheliers, admis en Licence, et les autres, tolérés à l’université à condition d’aller dans ce qui s’apparenterait a une voie de garage. Il est à craindre que cette mesure amène à exclure de l’accès à l’enseignement supérieur les élèves en fonction de leur milieu social. A cette inquiétude s’ajoute une question aujourd’hui sans réponse : quels seront les moyens mis en œuvre, au niveau national, pour que chaque université fasse un suivi individualisé, assorti d’une orientation adaptée à chacun ?

Et ce n’est pas l’annonce de l’ajout de près d’un demi milliard d’euro de budget dans l’enseignement supérieur pour le quinquennat qui pourra répondre à cette interrogation. Le budget alloué à la recherche et à l’enseignement supérieur est de 27,4 milliards d’euros pour 2018, l’augmentation annoncée correspond donc à 2%, ce qui correspond à une année d’augmentation du nombre d’étudiants. Ainsi, alors que de nouvelles mesures coûteuses sont annoncées, cette augmentation ne suffira même pas pour en financer une infime fraction.

Au delà des effets d’annonce, il est à craindre que finalement ce « Plan étudiants » ne s’avère être en réalité que la possibilité offerte aux directions d’université de faire en Licence ce qu’elles font déjà en Master : une politique de sélection drastique. A l’université Paul Valéry – Montpellier 3, le président Patrick Gilli s’impatiente déjà dans les médias : « qu’est ce qu’on fait si les étudiants [refusés] viennent quand même ? ». Il a clairement affiché sa volonté élitiste lors du CEVU (Conseil des Études et de la Vie universitaire) du 10 octobre « S’agissant des pré-requis, la direction de l’établissement estime que cette piste présente un intérêt ».

Les enjeux ainsi posés, il apparaît désormais urgent, pour le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM), d’agir dès maintenant contre la mise en place d’une sélection sociale déguisée dès l’entrée à l’université. Nous appelons pour ce faire à un large mouvement des étudiants, mais aussi des lycéens, afin de défendre notre droit à un avenir.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM

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Opération Campus : un nouveau plan com’

Cette semaine les universités montpelliéraines se félicitent. Elle ont obtenu un demi-milliard d’euros attribué à la faveur de l’Opération Campus et dédié à la construction et à la réhabilitation de leurs infrastructures. Cet argent présenté comme frais provient d’un contrat signé il y a quelques jours entre le recteur, le préfet, la COMUE (COMmunauté d’Universités et Établissements de Languedoc Roussillon), la Caisse des Dépôts et la Banque Européenne d’Investissement

Or, il se trouve que cet investissement répond à la nécessité de remettre aux normes des bâtiments considérés, depuis plusieurs années, comme ne pouvant plus accueillir le public.

Construite en 1966, l’université Paul Valéry – Montpellier 3 compte en effet plusieurs bâtiments vétustes, dont la Bibliothèque Universitaire « Ramon Llull » – qui ne correspond ni aux normes de sécurité, ni aux normes d’accès aux personnes à mobilité réduite. C’est cette bibliothèque qui va être déplacée dans le nouveau bâtiment-trophée du campus, l’Atrium Learning Center.

Ainsi, loin d’être un investissement supplémentaire, il apparaît qu’une partie de cette « Opération Campus » n’est en réalité qu’une rénovation indispensable et tardive d’une partie du campus.

Une remise aux normes de sécurité et de salubrité camouflée en un investissement exceptionnel masque en réalité un tableau plus contrasté.
Notamment quant à l’université Paul Valéry – Montpellier 3, des étudiants ont cours en hiver dans des préfabriqués sous des températures flirtant avec les zéro degré. Pire, d’après la Commission Patrimoine réunie le 26 octobre, il n’y aurait sur le campus quasiment aucun WC accessibles aux personnes à mobilité réduite.

Le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) appelle de ses vœux les acteurs publics à consacrer moins d’énergie à maquiller des remises aux normes en opérations de communication, afin de réellement prendre en charge l’amélioration de nos conditions d’études.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM

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Sélection en Master : lettre d’un élu SCUM au conseil de l’UFR 5

Cette injonction à la spécialisation, à définir de plus en plus vite un projet professionnel, sous couvert de cohérence représente un danger.

bf2b2a0c4ad43d940f09da585fce6d0f_141J’y vois un parallèle avec la rationalisation de l’industrie. Avec la division du travail et, pour le dire rapidement, ses conséquences micro/macro sociétales.
Edgar Morin dénonce lui la voie prise dans les sciences en parlant de mutilation de la connaissance.
Où est la cohérence en créant de toute pièce des Master tenant lieu de voie de garage pour satisfaire aux quotas imposés aux autres diplômes ?
Je n’ai rien contre les garagistes mais tout le monde ne trouve pas sa vocation à la même vitesse.
J’ai lu dans la presse un argumentaire revenant à dire que ce sont les parents qui payent pour leurs glandeurs d’enfants. Explication facile qui, selon moi, écarte un peu trop vite d’autres éléments qui offriraient une meilleure compréhension des motivations et des craintes de la jeunesse.
Il y a de la volonté chez les étudiants. Combien travaillent à temps partiel ? Combien s’interrogent sur ce qui les attends ? Sur la possibilité de s’accomplir dans leur vie ?
Et je m’interroge sur l’opportunité à Paul Valery d’avoir un sociologue vice-président de l’université.
Il y a une différence de principe entre un idéal et une contrainte budgétaire doublée d’une volonté politique insidieuse.
Or l’université à un rôle à tenir, notamment dans une société mutilée, elle aussi.
L’université est décrite comme une sorte d’éponge à indécis.
La réponse institutionnelle à cette critique est précisément d’en constituer un argument positif.

My own two cents. Please, stick one’s nose in.

V. élu au conseil de l’UFR 5* de l’Université Paul Valéry, pour le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM).

* L’UFR 5 est composé des départements de psychologie, de sociologie, d’ethnologie, et de sciences sanitaires et sociales.

« Ferme ta gueule ! », la haine des pauvres à l’université Paul-Valéry.

etudiants-précairesCe mardi 12 mai 2015 à l’Université Paul Valéry – Montpellier 3, avait lieue une réunion du Conseil des Études et de la Vie Universitaire (CÉVU), un conseil ou le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier dispose d’un élu.

A l’ordre du jour, le vote sur les exonérations des frais d’inscription. La présidente de l’université, Anne Fraysse, membre du Snesup-FSU, secondée par la vice-présidente Laure Echalier a ainsi fièrement présenté les statistiques concernant les « exonérations présidente », qui représentent un taux de 6,58 %. Les « exonérations présidente » sont les exonérations de frais d’inscription qui ne sont pas de droit, comme le sont les exonérations pour les boursiers par exemple. Jusque là tout va bien.

« C’est pas un open bar ici », ou le mépris décomplexé envers les pauvres.

Un élu de Solidaires Étudiants pose la question, pertinente, du problème des étudiants étrangers qui lors de leur arrivée en France ne peuvent pas fournir toutes les pièces justificatives afin de satisfaire aux conditions d’éligibilité de ces fameuses « exonérations présidente ». La présidente, considérée comme la plus « à gauche » parmi les autres présidents d’université, répond qu’il y a des règles à respecter, et que ceux qui ne remplissent pas bien leur dossier n’ont pas à avoir droit à une exonération de frais d’inscriptions. Elle rajoutera la phrase « c’est pas un open bar ici », et ira même plus loin en sous-entendant que les frais d’inscriptions ne sont pas si élevés que ça.

L’élu du SCUM intervient alors pour préciser qu’il n’est pas évident de sortir la somme de 189€ cash lorsqu’on est en situation de précarité. Visiblement, la direction de l’Université semble prendre son cas pour une généralité en s’imaginant que tout le monde peut se permettre ce luxe !

Un pauvre, faut le surveiller et le fliquer, forcement !

Le débat se recentre ensuite sur les conditions d’accès à l’exonération des frais d’inscription. La présidence, ainsi que plusieurs élus issus du personnel enseignant, défend la nécessité pour les étudiants précaires de devoir fournir un grand nombre de pièces justificatives afin d’avoir éventuellement droit à une exonération. L’élu du SCUM intervient en proposant une diminution, voire une suppression, du nombre des pièces justificatives nécessaires, afin que tous les étudiants précaires puissent bénéficier d’une exonération de frais d’inscriptions.

« Nous étudierons cette proposition originale une autre fois », répond sèchement la vice-présidente après avoir parlé du « coût » de ces pauvres pour l’université, en passant rapidement au point suivant. Circulez, le débat est terminé ! Un pauvre, ça doit se justifier d’être pauvre, un point c’est tout.

La précarité des étudiants et femmes de ménages remise en cause.

Lors d’un point suivant, un professeur de géographie, Jean-Paul Bord, qui s’était lui aussi illustré lors de l’échange précédent dans son soutien au contrôle des étudiants précaires, et par son soutien aux propos de la présidente sur le fait que 189€, c’était pas beaucoup d’argent pour des précaires, se plaint de la précarité de sa fonction et du nombre d’heures qu’il doit effectuer par semaine.

Du tac au tac, l’élu du SCUM lui répond que les femmes de ménage de l’université sont surement moins bien loties que lui. Ce à quoi ce curieux professeur ose rétorquer que les femmes de ménage seraient mieux loties que lui ! Manque de chance pour ce monsieur, le SCUM est membre de la CNT-Solidarité Ouvrière, un syndicat majoritairement implanté dans le secteur du … nettoyage ! Un petit rappel de ce fait par notre élu fait exploser Jean-Paul Bord, qui a alors gratifié notre élu courtois d’un tonitruant « ta gueule ! ».

Cette anecdote nous semble révélatrice de la mentalité qui domine dans les instances dirigeantes de notre université. Les étudiants précaires sont uniquement traités sous l’angle de la charité et du flicage. Ils doivent, pour avoir droit à l’aumône, ployer le genou et faire acte de soumission en se justifiant de leur pauvreté.

Certains des dirigeants de l’université, complètement coupés des réalités que vivent au quotidien plusieurs milliers de leurs étudiants, vont même jusqu’à se définir comme plus précaires que les personnes qui nettoient leur locaux !

A propos de précarité, gageons que les personnels précaires de l’université actuellement en lutte sauront apprécier ce bon mot.

Nous rappelons que nos problèmes personnels ne sont pas liés à des erreurs individuelles mais à une précarité organisée par l’État et les patrons.

Nous ne sommes ni coupables, ni responsables !


Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM), membre du syndicat CNT-Solidarité Ouvrière.

syndicat.scum@live.fr – www.combatuniversitaire.wordpress.com – 07.83.70.10.72

Marre de survivre, nous voulons vivre !

TRACT-CROUS
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 Nous devons calculer chaque dépense et restreindre nos besoins. Nous intériorisons la misère comme un phénomène naturel. Et en plus nous subissons le flicage et l’humiliation des administrations qui gère la misère comme le Crous, la Caf, le Pôle emploi…
L’Etat nous traite comme des « assistés » ou des « fraudeurs ». Mais les allocations qui nous sont versées nous permettent à peine de survivre. Les bourses et les allocations ne sont pas une aumône gracieusement versées par l’Etat. C’est un dû indispensable à notre survie.
 
Nous devons sortir de l’isolement et de la séparation imposés par la société capitaliste. Nos problèmes personnels ne sont pas liés à des erreurs individuelles mais à une précarité organisée par l’Etat et les patrons. Nous ne sommes ni coupables, ni responsables.
 
Au sein du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier, nous luttons :

  • Contre le flicage et l’humiliation par les administrations (Crous, Caf,…). Nos allocations ne sont pas une aumône mais un besoin pour survivre. Nous ne devons pas rendre de comptes à l’Etat pour justifier notre misère ou notre volonté d’intégration (réussir ses études et trouver un travail).
  • Contre le remboursement du trop perçu et des indus. Nous n’avons pas à payer les erreurs des administrations. Nous n’avons pas à payer leur gestion de la crise économique. Nous n’avons pas à nous conformer au modèle du petit étudiant docile ou du citoyen soumis.
  • Pour le versement immédiat des allocations. Nous avons des loyers à payer et des frais indispensables, comme la nourriture. Nous ne pouvons pas économiser et nous permettre d’attendre pour recevoir bourses et allocations.
  • Pour l’action collective comme seul moyen pour résoudre nos problèmes individuels. Nous proposons un espace de rencontre et de discussion pour agir collectivement.

Pour nous rencontrer, pour poser une question ou résoudre un problème :
E-Mail : syndicat.scum@live.fr
Page Facebook : https://www.facebook.com/CombatUniversitaireMontpellier

Syndicalisme étudiant ?

Texte d’appel à la constitution d’un Syndicat de Combat Universitaire à Montpellier (SCUM), publié en janvier 2014 :

Texte d'appel à la création du SCUMSyndicalisme étudiant ?

Voilà près de 4 mois que dure le mouvement contre l’austérité à Paul Va. Pour plusieur-E-s d’entre nous ce n’est pas le premier mouvement sur la fac. Nous pensons qu’il est temps de faire une autocritique des pratiques de contestation étudiante auxquelles nous avons participé, d’en tirer les conclusions qui s’imposent et de préparer les luttes à venir.

L’autonomie des universités, aujourd’hui effective, a les conséquences que nous connaissons ici pour les étudiant-E-s et pour le personnel (tirage au sort, menaces de suppression de filières, accroissement de la précarité, diminution du quota d’étranger-E-s). Mais elle a aussi rendu improbable l’émergence d’un mouvement étudiant national spontané sur des revendications communes évidentes comme par le passé. Si les problématiques sont généralement similaires, les universités développent dans des temps différents des mouvements spécifiques, c’est la conséquence directe de leur mise en concurrence. Un cycle de luttes se termine pour nous !
Par ailleurs c’est bien la même logique qui est derrière ces attaques contre les classes populaires que ce soit sur les lieux de travail, dans les quartiers, dans les facs,… L’austérité ne peut pas être combattue par un corporatisme étudiant ! Faire du syndicalisme pour nous c’est participer à la lutte des classes, organiser les étudiant-E-s en tant qu’ils-elles sont des (futur-E-s) travailleurs-EUSES. Le syndicalisme de combat sur cette fac tend à devenir un regroupement de militant-E-s progressistes qui se regroupent sur la base du plus petit dénominateur commun (contre les discriminations diverses, contre la vie chère, défense de la démocratie,…). La pratique de la lutte des classes est noyée sous le militantisme politique routinier, l’action directe n’est défendue que rarement et est soumise à l’impératif d’une « légitimité » calquée sur les règles de la démocratie bourgeoise.

Mais il n’y a pas que ce type de militantisme à critiquer. Il faut aussi constater les échecs d’une tendance non organisée dont le discours plus radical est orienté par l’action directe et l’anti-syndicalisme (c’est ce que certain-E-s appellent les « totos »). Si la pratique de l’action directe à notre sympathie, le refus de l’organisation et le manque d’intérêt parfois affiché pour le contenu même du mouvement (les revendications, les intérêts à défendre,…) au profit de la spontanéité et de la radicalité de principe mènent à la mort de la dynamique de lutte. A la fin d’une grève, ils disparaissent après une ultime campagne anti-répression laissant aux syndicats le soin de défendre les intérêts étudiants.

Les deux tendances que nous décrivons n’existent pas au sein d’un mouvement l’une sans l’autre, elles se complètent toujours. La tendance politisée et non organisée est dépendante des syndicats qui par leur organisation sont seuls capables d’impulser des AG d’où naissent les mouvements. Pourtant les syndicats par leur formalisme démocratiste, par leur souci d’une légitimité (c’est à dire leur souci de correspondre aux codes de la contestation médiatiquement acceptée), et surtout par leur indépassable corporatisme sont incapables d’assurer seuls la radicalisation d’un mouvement et son existence autonome, indépendante des structures étatiques et des normes du militantisme. Ces 2 tendances agonisent en même temps qu’agonise l’université qui permettait l’existence de tels mouvements. La mort de la forme des mouvements étudiants qui nous précède et la reconfiguration des facs appelle les militant-E-s à repenser leur façon de s’impliquer dans le combat universitaire.

La dernière coordination étudiante à démontré la difficulté de trouver des revendications communes sur l’université elle-même tant les situations sont différentes.

Avec la concurrence entre facs cette difficulté va s’accroitre. Mais si nous nous retrouvons sur notre lieu d’étude nous sommes souvent aussi des travailleurs-EUSES, des chômeurs-EUSE, des RSAistes, des étranger-E-s,… Ces terrains où sont si peu présent les syndicats. Là où nous devrions avoir un syndicalisme global nous n’avons que du corporatisme. Nous étudiant-E-s nous sommes victime de la précarité et des attaques des capitalistes, là où nous devrions avoir un syndicalisme révolutionnaire et anticapitaliste nous n’avons qu’au mieux du réformisme radical (Solidaires) et au pire de la cogestion (UNEF).

C’est pourquoi nous appelons à la création d’un syndicat révolutionnaire. C’est-à-dire un syndicalisme d’action directe ; un syndicalisme qui participe à la lutte de classe parmi les étudiant-E-s et non à la lutte des étudiant-E-s comme si ceux-ci n’étaient pas traversés par des contradictions de classes ; un syndicalisme qui propose une vraie pratique féministe dirigée par les meufs elles-mêmes et qui veille à être vigilant sur les comportements en son sein et veille à pouvoir parler de ceux-ci en toute liberté sans faire d’affaires graves un tabou et sans que les camarades qui dénoncent de tels comportements ne soient victimes de pressions et de menaces (comme c’est le cas dans les syndicats existants) ; un syndicalisme qui ne s’engage pas dans une voie politique réformiste en réclamant un improbable réengagement de l’Etat capitaliste ou une université démocratique; un syndicalisme qui soit porteur d’un véritable projet de société alternatif au capitalisme, un projet révolutionnaire hostile à la classe capitaliste et à son appareil de domination : l’Etat.

Nous ne prétendons pas qu’un syndicat révolutionnaire sera l’outil parfait pour les luttes à venir mais nous pensons que ça peut être une première pierre pour la structuration des luttes qui doivent émerger de (et contre) l’université concurrentielle. Contrairement au syndicalisme réformiste radical (Solidaires) et au pseudo-syndicalisme au ordre du PS (UNEF) nous n’entretenons pas l’illusion d’une université alternative qui serait à revendiquer… Contrairement à eux nous ne pensons pas que les dernières réformes sont le fruit du libéralisme ou de n’importe quelle autre idéologie mais bien de la nécessité pour les dirigeant-E-s de transformer l’université dans le sens de la reconfiguration du marché du travail. Il est ridicule en système capitaliste de revendiquer une fac non capitaliste. Nous n’avons pas à demander au pouvoir de changer de direction, pour cela c’est une révolution qu’il nous faudra faire ! Pour l’heure et dans cette perspective nous avons des rapports de force à construire pour nous défendre contre les capitalistes et l’austérité qu’ils nous imposent.
Le SCUM ne défend pas l’université alternative, le SCUM ne défend pas des solutions de gestions alternatives pour l’Etat, le SCUM ne lutte pas contre l’austérité séparément des travailleurs-EUSES, le SCUM n’est aux ordres d’aucun parti, le SCUM ne défend pas la soumission de la lutte aux AG interminables et contre productives…
Le SCUM défend sur l’université les intérêts de la classe opprimée, le SCUM défend l’autonomie de la lutte, le SCUM défend les étudiant-E-s en dehors de la fac face à la précarité, au patronat, aux flics, aux proprios,… Le SCUM défend la révolution sociale !

Pour un syndicalisme-révolutionnaire dans nos facs !

Pour un Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) !

Si toi aussi tu es intéressé-E par un syndicalisme radical de type nouveau, tu es convié-E à l’Assemblée Générale de constitution du SCUM, jeudi 23 janvier à 18h à la salle Charles Camproux (Maison Des Etudiants, Université Montpellier 3).