Les intimidations armées n’entament pas la détermination des étudiants montpelliérains

La sélection et la précarité quotidienne rendent la vie des étudiants de plus en plus difficile voire insupportable. A ce présent s’ajoute un futur dans lequel cette précarité sera perpétuée, et ce même durant la retraite avec la nouvelle réforme annoncée.

Des briseurs de grève tentent de museler la lutte étudiante.

Ce jeudi 05 décembre 2019, jour de grève générale interprofessionnelle contre la réforme des retraites, des étudiants de l’université Paul Valéry Montpellier 3 avaient décidé de bloquer le campus afin de matérialiser la grève étudiante, avant de partir rejoindre la manifestation en ville. Aux alentours de 6h40, la dizaine d’étudiantes et d’étudiants qui s’étaient réunis devant le bar “Le Ranch”, devant le campus de Paul Valéry, ont eu la désagréable surprise de voir arriver une dizaine d’hommes intégralement cagoulés et armés de gants coqués et de matraques téléscopiques. Ce gang ne venait pas discuter et a immédiatement bousculé et frappé les étudiants, qui se sont alors réfugiés devant l’entrée de l’université Paul Valéry, située avenue Val de Montferrand. Cette entrée était alors ouverte et gardée par deux agents de sécurité. A l’arrivée des étudiants apeurés, les vigiles ont procédé à la fermeture d’une partie du portail. Cette attitude étrange s’est aggravée suite à l’arrivée galopante par le haut de la rue, de la dizaine de nervis : les grilles de l’université ont alors été intégralement fermées au nez des étudiants contraints de redescendre la rue où ils s’étaient déjà fait agresser auparavant. C’est alors que sous des insultes qui ne laissaient aucun doute sur l’accointance politique des agresseurs, deux étudiants furent blessés, dont un à la tête. Ce n’est qu’aux alentours de 8h que les étudiants mobilisés ont pu rentrer au sein de leur université, où celui blessé à la tête a été pris en charge, à notre demande, par un agent de sécurité, puis emmené par nos soins aux urgences de l’hôpital Lapeyronie.

 

Si la motivation du gang d’extrême droite pour empêcher par la violence la mobilisation étudiante ne faisait aucun doute, nous nous interrogeons sur la curieuse attitude de l’université Paul Valéry Montpellier 3. Dans une ville où le doyen de la faculté de droit avait déjà fait appel à des miliciens d’extrême droite pour tabasser des étudiants en grève en mars 2018, nous avons fait le choix de porter plainte pour “non assistance à personne en danger” contre l’université Paul Valéry, afin que toute la lumière soit faite sur ces faits troublants.

Une mobilisation historique qui en appelle d’autres.

Ne cédant pas à l’intimidation, un cortège étudiant est parti de l’université Paul Valéry afin de rejoindre la manifestation interprofessionnelle. Lors de cette mobilisation massive qui a réunit plus de 25 000 personnes à Montpellier et plus d’un million de manifestants dans toute la France, les étudiants ont été en tête afin d’affirmer leur refus de la précarité. Le besoin d’action concrète s’est massivement matérialisé après la fin de la manifestation officielle, par une longue manifestation à travers les rues de Montpellier rassemblant étudiants, gilets jaunes et salariés du privé comme du public. L’ambiance était joyeuse et combative, mais comme à son habitude, la Préfecture a fait le choix de la répression systématique, arrosant la foule de gaz lacrymogène et autres grenades de désencerclement avant de procéder à de violentes charges et interpellations.

 

Le caractère massif de la mobilisation de ce jeudi démontre l’exigence d’un mouvement étudiant immédiat, autonome, concret et créatif, sortant des habituels schémas politiciens et complotistes des simulacres d’assemblées générales étudiantes.
Face à l’urgence de la situation, notre détermination reste sans failles pour nous mobiliser pour de meilleures conditions de vie et d’études, et pour notre droit à un avenir.

 

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
http://www.combatuniversitaire.wordpress.com – syndicat.scum@live.fr

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