Lutte contre la sélection : une « Journée Portes Fermées » à l’Université Paul Valéry

Ce mercredi 8 mars, l’université Paul Valéry – Montpellier 3 organisait sa « Journée Portes Ouvertes », vaste opération de communication en direction des futurs bacheliers. Ceux-ci, ainsi que les étudiants et enseignants, ont eu la belle surprise de tomber sur une université complètement bloquée aux alentours de 8h. Une « Journée Portes Fermées », soutenue par le SCUM (Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier) et la CGT perturbe le marketing publicitaire programmé par la direction de l’université. Les étudiants mobilisés contre la sélection à l’université ne désarment pas et diffusent, devant les grilles cadenassées, un tract corrosif intitulé « Journée Portes ouvertes …Mais pas pour tout le monde ! », dénonçant la sélection en Licence déjà pratiquée, et celle prévue par l’université en Master pour la rentrée 2017.

Les agents de la Brigade Anti-Criminalité (BAC), arrivent sur place par hasard, puisque le président de l’université, Patrick Gilli prétend ne pas les avoir appelés. Ces policiers n’ayant aucun motif d’intervention, le président décide donc, 20 minutes plus tard, de débarquer en personne escorté d’agents « sécurité incendie » utilisés en vigiles pour l’occasion. Les chaînes sont brisées à la pince monseigneur, pendant que le président tente un petit coup de pression sur une syndicaliste du personnel : « Vous ne devriez pas être au travail à cette heure ? », lui assène-t-il, plein de morgue. « Je suis en grève », lui répond la syndicaliste, pas vraiment impressionnée par la tentative d’intimidation.

Aussitôt ouvert, le célèbre portail Vasarely, est refermé, et la « Journée Portes Fermées » reprend de plus belle, avec cependant un petit accès maintenu ouvert. En cette journée internationale des droits des femmes, quoi de plus pertinent que des étudiantes bloquant leur université et luttant pour leur droit à un avenir ?

Encore une fois, une semaine après l’occupation du Conseil d’Administration par un petit-déjeuner, le mouvement contre la sélection universitaire a surpris et déstabilisé la direction de l’Université Paul Valéry. Et ce n’est qu’un début !

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
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Déplacement de Paul Valéry ? « Plutôt que d’envoyer les étudiants à l’autre bout de Montpellier, optons pour une mutualisation »

20minutes-06032017Ce lundi 6 mars, le journal « 20 minutes » est revenu sur la dernière idée du maire de Montpellier et président de la métropole. Ce dernier propose désormais de déplacer, dans le quartier de la future gare TGV, à l’autre bout de la ville, une partie des enseignements et des étudiants de l’Université Paul Valéry.

Interrogé par le journal, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) rappelle que si statistiquement, les étudiants de l’université Paul Valéry sont à l’étroit, la solution est ailleurs : « Plutôt que d’envoyer les étudiants à l’autre bout de Montpellier pour justifier un projet immobilier, nous optons pour une mutualisation avec la faculté des sciences, très grande et juste à côté. »

  Le problème de place de l’université ne se pose pas toujours au quotidien. A toute heure, dans tout plein de bâtiments, il y a des salles réservées qui sont pourtant vides ! Une meilleure organisation interne de l’université et une mutualisation des moyens avec la Faculté des Sciences, située de l’autre côté de la route serait plus bénéfique aux étudiants. Si la mairie et la métropole souhaitent absolument investir et utiliser des bulldozers,  ils pourraient raser les préfabriqués insalubres  et construire à la place un nouveau bâtiment. Une solution moins coûteuse et plus pratique pour les étudiants.

7 et 8 mars : conditions de travail et conditions d’études, même combat !

arton471Mardi 7 mars, les salariés de la fonction publique appellent à une journée de grève et de mobilisation afin de dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. La Coordination Nationale Infirmière (CNI) tire la sonnette d’alarme dans son communiqué d’appel à la grève : « Quels que soient nos secteurs d’activité, les témoignages mettent en exergue une dégradation des conditions d’exercice menaçant des vies de soignants mais aussi d’usagers. Jamais la profession n’avait connu une telle souffrance au travail (suicides, dépressions, épuisement professionnel, stress). »

Ce constat est valable dans tous les domaines. A l’université Paul Valéry, les personnels font face à une pression accrue de la part de la direction. Le nouveau système de primes (la RIFSEEP) mis en place met désormais les personnels en concurrence entre eux afin d’obtenir les bonnes faveurs de leurs supérieurs hiérarchiques. Dans le secteur privé, la situation déjà peu reluisante se détériore de façon continue : l’application de la Loi Travail isole et précarise davantage les salariés.

Pour les étudiants, c’est la double peine qui s’applique. En effet, aux conditions de travail dégradées des étudiants salariés s’ajoute désormais leur mise en concurrence forcée avec la décision des directions d’université de mettre en place des critères arbitraires et des quotas à l’entrée du Master. Mais cette fuite en avant élitiste des présidences d’université ne connaît plus de limites. Ils réclament désormais le droit de mettre en place une sélection officielle dès l’entrée en Licence, alors même que certains, à l’image de l’Université Paul Valéry – Montpellier 3, avaient déjà commencé à le faire de façon plus ou moins légale. Pendant que les présidents d’université jouent à la roulette russe avec l’avenir des étudiants, ceux-ci font face, en plus d’une précarité accrue, à des conditions d’études de plus en plus difficile. Toujours à l’université Paul Valéry, certains cours se déroulent en plein hiver sans chauffage, avec des températures inférieures à 10°C.

Ce constat d’une dégradation générale des conditions de travail et d’études ne doit pas nous plonger dans la résignation et l’impuissance. Au contraire, c’est notre capacité collective à créer des rapports de force, à l’image des femmes de chambre de plusieurs hôtels marseillais qui ont obtenu ces dernier mois des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail, grâce à la grève menée avec le syndicat CNT-SO (auquel le SCUM est affilié). Mardi 28 février, c’est une poignée de « bruncheurs » qui a réussi à faire fléchir le Conseil d’Administration de l’université Paul Valéry, qui s’est bunkerisé dans un autre bâtiment pour décider de la sélection en Master.

A Montpellier, nous appelons à deux journées de mobilisation large, afin de combattre la dégradation des conditions de travail et d’études.

  • Mardi 7 mars à 10h30, au départ de la place de la Comédie, une manifestation interprofessionnelle aura lieue, suite à l’appel de l’intersyndicale nationale.
  • Mercredi 8 mars, à partir de 8h, devant le portail principal de l’Université Paul Valéry, un piquet de grève se tiendra toute la journée afin de faire pression sur la direction de l’université, contre la sélection mais aussi contre la mise en concurrence des personnels entre-eux.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
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« Cas de force majeure » : un petit déjeuner au Conseil d’Administration à Paul Valéry.

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Un « cas de force majeure ».

Aujourd’hui mardi 28 février à l’appel du Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM), c’était petit déjeuner offert dans la salle du Conseil d’Administration (CA). Devant le président de l’Université nous précisons notre intention. « La sélection à l’université remet en cause le droit à l’accès aux études en France. Nous demandons au Conseil d’Administration de Paul Valéry de reconnaître son incompétence sur ce dossier et de démissionner ». Devant cet événement qualifié de « cas de force majeure » : neuf étudiants munis d’un panier de fruits, de viennoiseries, de boissons et de serviettes en papier rouge disposés avec élégance sur la table, les élus du CA se retranchent dans un autre bâtiment. Portes verrouillés, rideaux tirés, un élu étudiant ne peut pas entrer. D’autres étudiants se placent devant les portes de la salle dans le vacarme. La CGT refuse de forcer un piquet de grève pour collaborer à ce CA grotesque. Sans débat, le vote sur la sélection est approuvé à l’unanimité des élus enseignants et personnels.

Au même moment devant une AG étudiante improvisée la motion demandant la démission du CA est adoptée. A l’issue du conseil, l’élu étudiant demande des explications sur son exclusion. S’ensuit un dialogue surréaliste avec un élu du personnel : « Il fallait toquer pour entrer », « Vu comme on a frappé sur la porte et les murs, vous ne nous avez pas entendu ? » « Ben si… » « Et alors ? ». A l’issue du vote la direction reconnaît son incompétence en invoquant le manque de moyens, mais refuse de démissionner. Peu après, Patrick Gilli, président de la fac de Lettres, accepte finalement, après s’être bunkérisé, des discussions d’après vote sans enjeu avec des étudiants inquiets pour leur avenir.

Pour la suite, rendez-vous mercredi 8 mars, 8h, devant l’université, pour taper fort contre la sélection.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
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Le président de la fac boude nos croissants

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Sélection en Master : la présidence de l’université Paul Valéry s’enferme dans sa tour d’ivoire !

c3k22nqwiaac2pqCe mardi 21 février, le Conseil des Études et de la Vie Universitaire (CÉVU) de l’Université Paul Valéry – Montpellier 3 devait voter, sur proposition de la présidence, les modalités drastiques de sélection et les quotas d’accueil à l’entrée du Master 1 pour la rentrée 2017. En effet, les ambitions élitistes de la direction de l’université se sont trouvées confortées il y a quelques mois, lorsque le gouvernement a autorisé la pratique de la sélection en Master. Patrick Gilli, président de l’université, a sauté sur l’occasion et à immédiatement proposé une batterie de critères sélectifs tellement durs que certains virent à l’absurdité. Ainsi, dans plusieurs masters, on découvre que des critères sont rétroactifs, avec la prise en compte du parcours de la licence !

Le fait que le CÉVU, ce mardi matin, ait voté une vague motion, que nous avons signé, mais ne l’engageant absolument à rien, n’arrivera pas à masquer la surdité complète de la direction de l’université face aux revendications étudiantes. En effet, une trentaine d’étudiantes et d’étudiants, ayant décidé de s’inviter au sein de l’instance pour faire entendre leur voix, se sont retrouvés nez à nez avec les agents « sécurités incendie », utilisés par le président de l’université comme son service de sécurité personnelle. Ce point nous semble assez révélateur de la mentalité qui prévaut dans les hautes sphères de l’université. Désormais, on n’hésite plus à instrumentaliser le statut précaire de certains personnels pour leur faire accomplir une besogne qui ne figure pas dans leurs attributions. Aujourd’hui, les étudiants ont compris que le temps de la négociation est terminé, et qu’il est illusoire de tenter de nous faire croire en la bonne volonté de la direction et de ses alliés.

Rappelons-nous que c’est une intense mobilisation durant l’automne 2016, menée par le Syndicat de Combat Universitaire (SCUM), en faveur d’une vingtaine d’étudiants « sans-fac » dont l’inscription était refusée en Licence, qui a fait plier la direction de l’université jusqu’à la victoire.

Face à la sélection sociale opérée par la direction de l’université Paul Valéry, nous resterons combatifs et appelons à intensifier les actions et mobilisations suite aux Assemblées Générales qui se tiendront lundi 27 février à 17h et mardi 28 février à partir de 8h sur le parvis des amphithéâtres ABC.

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
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Les critères de sélection en master prévus par l’université Paul Valéry

Mardi 21 février, le Conseil des Études et de la Vie Universitaire (CEVU), puis la semaine d’après le Conseil d’Administration de l’Université Paul Valéry – Montpellier 3 auront à se prononcer sur les critères de sélection en Master 1, décidés par la direction de l’université.

L’ouverture de la campagne de sélection débutera le 26 avril 2017 avec l’ouverture de la plateforme web « E-candidat » (pour les masters de psychologie, l’ouverture sera le 4 mai). Les dossiers seront disponibles jusqu’au 31 mai et la date butoir de retour des dossiers sera fixée au 06 juin 2017.

Retrouvez en cliquant ICI l’ensemble des critères de sélection et des quotas d’accueil prévus pour la rentrée 2017, par Masters.

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Et retrouvez ICI les critères généraux de sélection commun à tous les masters de l’université Paul Valéry.

Il est encore temps de se mobiliser, alors on se donne rendez-vous les mardi 21 et 28 février, à 8h sur le parvis des amphis ABC de l’université Paul Valéry, pour des Assemblées Générales et interventions collectives.

Sélection en Master : « une fabrique de l’échec »

marseillaise7fev2017-une Ce mardi 7 février, la mobilisation contre la sélection à l’université Paul Valéry fait la Une du journal « La Marseillaise ». L’occasion pour le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) de rappeler les conséquences de la sélection pour les étudiants, de promouvoir la pétition unitaire et surtout d’appeler aux prochaines mobilisations les 21 et 28 février prochains.marseillaise7fev2017-art– Pour lire l’article sur le site du quotidien « La Marseillaise », cliquez ici : http://www.lamarseillaise.fr/herault/education/57294-montpellier-tensions-autour-de-la-selection-a-l-entree-en-master