Face à l’urgence, de nouveaux blocages à l’université Paul Valéry

Ce lundi 24 février, jour de rentrée étudiante, l’université Paul Valéry Montpellier 3 était bloquée, dans le cadre du mouvement étudiant contre la précarité, la sélection sociale et la réforme des retraites.

Un blocage couronné de succès, mais limité dans le temps.

L’important dispositif de sécurité déployé par le président de l’université afin de briser le mouvement a été mis en échec par les étudiants mobilisés, qui ont, comme prévu, bloqué l’ensemble des bâtiments du campus. Face à cette nouvelle humiliation, Patrick Gilli n’a pu que se résoudre à envoyer un e-mail annonçant la suspension des cours.

Lors de l’assemblée générale qui s’est tenue ensuite en présence de 300 personnes, dirigée par un professeur et en présence de plusieurs membres de la direction de l’université et de ses Supplétifs Etudiant-e-s, la question de la précarité a réussi à s’imposer malgré les discours corporatistes, complotistes et démobilisateurs. Toutefois, la question de la reconduction de la grève étudiante a été évacuée et c’est une étrange stratégie, ressemblant à celle de la CFDT de la belle époque, qui a finalement été adoptée : à la construction d’un rapport de forces offensif et sur la durée, il a été choisi, sous les applaudissements des membres de la direction de l’université, quelques dates de mobilisation symboliques espacées entre elles.

Alors que nos frigos sont vides, que des étudiants précaires se suicident et que la sélection sociale est brandie comme une épée de Damoclès par la présidence de l’université sur chacun d’entre-nous, il a été décidé de bloquer l’université le 3 mars et le 5 mars, ou une nouvelle Assemblée Générale se tiendra à 10h. L’urgence de la situation s’est tout de même fait un peu sentir lorsque la proposition de reconduire le blocage automatiquement pendant une semaine a été adoptée à une large majorité en cas d’application de l’article 49.3 pour le passage en force législatif de la réforme des retraites.

Patrick Gilli se venge en violant la liberté d’expression.

Dans ce qui s’apparente comme le dernier épisode d’une longue série de répression et d’atteinte à la liberté d’expression, la conférence-débat consacrée au blocage de l’université, et prévue ce lundi 24 février, a été annulée au dernier moment, sur ordre direct de la présidence de l’université Paul Valéry Montpellier 3. Cette conférence-débat, prévue depuis deux semaines et organisée sans que cela ne suscite d’opposition de la part des services de l’université, avait comme objectif d’ouvrir un espace de débat déconnecté des tensions liés aux assemblées générales ou sont votés les blocages ou déblocages. L’objectif était de discuter, dans un cadre apaisé, des avantages comme des inconvénients qui pourraient être perçus dans cette modalité d’action.

Ce lundi 24 février 2020, la présidence de l’Université Paul Valéry Montpellier 3 a donc décidé, dans ce qui s’apparente à une vengeance puérile liée au blocage réussi du campus, de supprimer le débat démocratique concernant un sujet qui tient à cœur à de nombreux étudiants.

Nous dénonçons ce qui s’apparente ici comme le dernier épisode d’une longue série de répression et d’atteinte à la liberté d’expression et nous rappelons que le Tribunal Administratif de Montpellier avait déjà, dans un jugement en date du 15 octobre 2019 condamné l’université Paul Valéry pour « atteinte disproportionnée portée à la liberté d’information et d’expression des usagers de l’université » envers notre syndicat.

Ces procédés violent et illégaux, venant d’un président d’université, Patrick Gilli, faisant l’objet d’une plainte pour violence en réunion et ayant été l’objet d’une enquête portant sur un détournement de fonds publics, n’entament pas notre détermination à mener le débat démocratique dans notre université, et plus largement, à défendre nos droits.

Concernant la mobilisation, toujours conscient de l’urgence de plus en plus accrue d’agir contre la dégradation continue de nos conditions de vie et d’études, le Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier (SCUM) réaffirme sa volonté de s’inscrire dans un rapport de force gagnant et offensif. Il y a urgence, nous voulons vivre et ne plus survivre !

Syndicat de Combat Universitaire de Montpellier – SCUM
http://www.combatuniversitaire.wordpress.com – syndicat.scum@live.fr

PROCHAINES DATES DE MOBILISATION :

  • Mardi 25 février à 19h salle D01 de l’université Paul Valéry : Comité d’action, réunion des étudiants en lutte contre la précarité et la réforme des retraites pour organiser des actions concrètes. Ensuite, départ collectif au Carnaval des Gueux. (évènement facebook)
  • Mardi 03 mars : blocage de l’université Paul Valéry
  • Jeudi 05 mars : blocage de l’université Paul Valéry puis Assemblée Générale à 10h.

Article du journal Midi Libre du 25/02/2020 :

Une réflexion sur « Face à l’urgence, de nouveaux blocages à l’université Paul Valéry »

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